Jeudi soir, c'était Beaujolais nouveau. Alors à 18h, je profite d'un passage éclair à l'Indo - update #23 Projet Spectre: oui ça avance - pour descendre un petit verre. Je récupère ensuite A. en voiture, direction.... Feyzin.
Feyzin, ça rime avec purin, berk ça pue ce matin, prendre l'A7 fenêtres ouvertes c'est pas malin.
Et pourtant, à Feyzin il y a cette salle, l'Epicerie Moderne, qui affiche une programmation digne d'une sallette parisienne. Pêle-mêle ces mois-ci: Coming soon, Nouvelle Vague, The Young Gods, Calexico, Herman Dune...
Et puis ce jeudi un package de malades: Alister, Friendly Fires et Foals.
Je vous épargne les détails par le menu du Quick englouti en vitesse dans la voiture, sur le parking, et enchaîne direct sur les prestations proposées.
Alister, c'est un OVNI belge qui aurait enlevé un français fou à lier. Traduction? Imaginez les instrus démentes - basse rampante, guitares désespérées et piano grandiloquent - de Ghinzu sur lesquelles on plaquerait les délires fumeux de Philippe Katerine. La salle est alors encore fraîche, mais le chevelu Alister est quand même bien drôle et plutôt fin, espérons qu'il a pris du plaisir.
Friendly Fires, c'est LA claque. D'abord ils ont ce chanteur habité, qu'on croit d'abord voir pomper la gestuelle classique du rockeur post Ian Curtis, avant de s'apercevoir qu'il a les jambes de Michael Jackson. D'ailleurs il a une voix d'une précision nickelle, n'étant pris à défaut qu'au bout de plusieurs morceaux enchaînés à un rythme d'enfer, lors d'une montée forcée sur Paris.
Pour le reste, beaucoup de groove, un sens de la danse incroyable. On trépigne de la première à la dernière seconde, en passant de vrais pas de danse sur les rythmiques les plus funk à un déchaînement de tout le corps sur une paire de passages plus rave tu meurs.
En gros, Friendly Fires ça sent la très bonne influence de !!! et LCD Soundsystem. Une richesse musicale à toute épreuve, un magma sonore d'une précision époustouflante, pour des moments de concerts uniques. DEFINITELY BIG. Oh et puis les frères batteur/bassiste ont une dégaine d'ours bien léché à la James Murphy, tandis que le guitariste ressemble selon l'angle pris à Rufus Humphrey ou Nate Archibald. Avis aux groupies.
Foals. Foals, Foals, Foals. J'annnonce les choses par la fin. Je suis parti en cours de.
La faute à un leader qui se la raconte beaucoup, qui chante flou, sur un contenu musical déstructuré. Ca explore beaucoup, ça plane parfois à 8000, sans jamais toucher la grâce comme Bloc Party ou TV on the radio sauraient le faire. Trop peu touchant, trop peu pointu, la médiocrité totale quoi. Des intentions prétentieuses en effet, une intro instru audacieuse, malheureusement prolongée par un mur de son trop brouillon pour stimuler une oreille musicale éduquée. On se demande presque pourquoi ils sont si nombreux sur scène, puis on se dit carrément que les 2 guitares sont plus cache misère que signe d'ambition musicale. La section rythmique quant à elle a encore du chemin à faire avant d'avoir le répondant de Friendly Fires.
M'enfin le bon côté, c'est qu'on pourrait interpréter Foals comme de vrais espoirs de déconstruction du rock. Ca casse du code, ça part dans tous les sens, peut être un bon moyen de recommencer à zéro.
On attend mieux, une proposition artistique peut-être?
Sinon, grosse ambiance. Roots. En 30sec, la salle se remplît soudain de senteur de shit, lorsque la fosse ne connût plus sophistiqué qu'un jumping massif et désordonné. Vive. Fuck. Je me tire, on s'ennuie.